martes, 7 de octubre de 2008

Lettre d’adieux à Van Walsum

Lettre d’adieux à Van Walsum
par Salka Embarek

L’ingénue franchise et le présumé soulagement de conscience politique de l’ancien représentant personnel du Secrétaire Général des Nations Unies du Sahara Occidental, Peter Van Walsum, même s’il l’a plutôt été du Maroc, position qu’il décida de prendre trois ans après avoir occupé ce siège – car, d’après lui, «si le Conseil [de Sécurité] avait été prêt à imposer une solution (…)» son analyse aurait été toute autre, l’ont poussé à exprimer des pensées aussi subjectives que contradictoires auxquelles nous nous sommes vus obligés de répondre et en même temps de lui demander des explications. L’imbroglio et les inepties sont d’une telle ampleur que l’on en vient à penser si son intention n’était pas celle de semer la confusion, de tromper ceux qui lui faisaient confiance et de discréditer l’ONU si plus est, en critiquant la passivité de cette Organisation qui n’appliqua pas ses propres résolutions en ce qui concerne le droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination.

Et c’est qu’à cette époque de sa vie, après s’être discrédité lui-même et après avoir souillé son prestige publiquement avec une incohérence propre d’un nouveau facilement manipulable, il ne peut pas justifier son travail à cause des nombreux obstacles à surmonter en reconnaissant en même temps que la légalité se situe du côté du POLISARIO, c’est-à-dire du peuple sahraoui, alors que le Maroc se montre plus implacable, se comportant comme un chien de manchon de certains membres du Conseil de Sécurité.

Pourquoi n’expliquez-vous pas les choses telles qu’elles sont? Pourquoi ne cessez-vous pas de faire du remplissage dans vos discours et ne vous concentrez-vous pas sur la vérité? C’est simple, Mr Walsum, il suffit de se concentrer sur l’idée principale, de ne pas déséquilibrer la vérité, de faire preuve de courage pour reconnaître ce qui est juste, et si non, d’admettre les choses honorablement et de ne pas se vendre au plus offrant. Vous pourrez y parvenir, Mr Walsum, en peu de mots, sans le besoin de donner des explications à contretemps, et évidemment de la manière la plus cohérente et la plus claire qui soit.

Le «problème du Sahara» n’est pas complexe Mr Walsum, mais dure depuis trop longtemps, surtout pour le peuple sahraoui, qui pendant ces derniers trente-trois ans d’exile a vu mourir nombreux de ses enfants, il en vu naître d’autres dans des pays qui ne sont pas le leur et qui est fatigué d’entendre des personnes comme vous qui affirment que «rien ne changera». Parce que les choses changent, il suffit de le vouloir, et le peuple sahraoui le veut. Il veut revenir chez lui, il veut rentrer et grandir dans le pays de ses ancêtres, il veut vivre en liberté dans un État souverain et démocratique, il veut décider de son avenir, que ses droits en tant qu’êtres humains et en tant que peuple ayant une identité nationale propre soient respectés. Et lorsqu’un peuple veut et se sait dans son droit légitime, Mr Walsum, je vous assure que rien ne le fera reculer. Insinuer que «si le POLISARIO renonçait à l’indépendance totale, il compterait sur un grand soutien international» constitue une offense et un mépris. Que n’avez-vous pas compris de tout ce que vous avez vu pendant ces trois dernières années? Car jusqu’à aujourd’hui les pays qui reconnaissent la RASD (République Arabe Sahraouie Démocratique) sont au nombre de plus de quatre-vingts et il en est de même pour des centaines d’associations en Espagne et dans le reste du monde. Le peuple sahraoui et par conséquent le POLISARIO compte sur un grand soutien international dans sa lutte pacifique pour l’indépendance totale. Aucun pays du monde n’a consenti reconnaître la souveraineté du Maroc sur le Sahara Occidental.

Le conflit du Sahara n’est pas insoluble, Mr Walsum; ce qu’il arrive c’est qu’il faut du courage pour admettre que le Maroc se moque de la Communauté Internationale, des Résolutions de l’ONU et que sa proposition d’autonomie, à part le fait d’être inadmissible, n’est qu’une couverture pour détourner l’attention de la grave violation des droits de l’homme que souffre le peuple sahraoui habitant dans les Territoires Occupés depuis l’invasion marocaine qui a provoqué la création de campements de réfugiés et des milliers de personnes sahraouies déplacées dans le monde.

Si les instances internationales manquent de force exécutrice dans l’application des résolutions, comme vous le signalez, il s’agit d’un problème ajouté qui touche le peuple sahraoui et tous les peuples du monde; en plus de l’extrême gravité que cela suppose, du au manque de défense auquel nous nous voyons exposés et la frustration face au travail qui devrait être mené à bien et qui a pour fin la mise en pratique de ses avis. La faiblesse des Nations Unies épuise, mais cela n’est pas une raison pour s’abandonner à l’envahisseur génocide et pour renoncer à notre droit à la libre détermination.

Le Maroc y connaît peu en diplomatie mais beaucoup en prostitution politique, ou ce qui revient au même, en «realpolitik». Si vous espérez que le peuple sahraoui s’incline devant ce gouvernement envahisseur et criminel, c’est que vous avez perdu la raison ou bien que votre retraite est assurée grâce à la demeure qui vous attend à Tanger, dans la même rue où se trouve celle de Mr Pérez de Cuellar.

Le Peuple Sahraoui a trop perdu, il a renoncé a beaucoup et continue sa lutte avec les meilleures armes dont il puisse disposer: la vérité, la légalité et son souhait inébranlable d’être un peuple indépendant et libre.

Il est certain que les choses doivent changer: l’agresseur doit arrêter d’agresser, l’envahisseur doit rendre ce qui ne lui appartient pas et la loi doit faire régner la justice. Nous nous chargerons que ce qui adviendra soit bien fait.

Pour un Sahara libre,
Salka Embarek.

+ información en SAHARA RESISTE:
*Carta original en español:
Carta de despedida a Van Walsum. Por Salka Embarek
*Carta en inglés:
Farewell Letter to Van Walsum

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